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Petite histoire des règles #1 Un tabou vieux comme le monde

December 16, 2017

 

Chaque femme aura en moyenne 400 cycles dans sa vie et donc près de 2 400 jours marqués par l'écoulement de sang menstruel entre ses jambes. Pas une petite affaire. Les entreprises l'ont bien compris avec un marché annuel de la "protection" périodique de près de 26 milliards d'euros. Et peu importe que les tampons et autres serviettes renferment des substances hautement toxiques et potentiellement cancérigènes et ne soient contrôlés par aucune autorité sanitaire (à la différence des produits cosmétiques). Ils ne s'adressent au final qu'à la moitié seulement de l'humanité, et pas la puissante manifestement.

 

Sinon comment aurait-on accepté depuis des milliers d'années qu'un sujet aussi fondamental, qui touche les femmes durant toute leur période fertile, fasse si peu l'objet de recherches, de débats. Et que ces mêmes règles soient encore aujourd'hui présentées sous la forme d'un liquide bleu turquoise dans les publicités vantant les protections hygiéniques de toutes sortes.

 

Comme le rappelle Elise Thiébaut dans son livre Ceci est mon sang*, les règles ont été à travers les âges soit célébrées - via notamment la tradition des tentes rouges* - soit diabolisées. Ainsi, toutes les religions monothéistes font des femmes réglées des femmes impures. Elles leur attribuent des pouvoirs magiques et commandent de les mettre à l'écart. Ce sang ne doit surtout pas être vu. Tout se passe dans le silence, la honte et la malédiction.

 

"La femme qui aura un écoulement de sang restera sept jours dans la souillure de ses règles. Si quelqu'un la touche, il sera impur jusqu'au soir" Lévitique

 

Et les choses n'ont pas tellement changé. On appelle rarement les règles par leur nom (j'ai mes ragnagnas, mes trucs, …) et on chuchote pour demander une serviette à sa collègue, transie de peur qu'une tâche inonde nos sous-vêtements, voire pire. Il en découle que de nombreuses femmes semblent soit souffrir du processus soit en être dégoutées. Ou les deux.

 

Quand elles se plaignent auprès de leur gynécologue de douleurs pré-menstruelles, elles s'entendent répondre que c'est dans leur tête. Ou encore se voient prescrire des antalgiques, qu'elles prendront chaque mois pendant 1 à plusieurs jours selon les douleurs. Les plus chanceuses seront aiguillées par leur gynécologue éclairé ou naturopathe vers des alternatives naturelles mais c'est loin d'être la règle.

 

Et donc avoir mal durant ses règles - mal jusqu'à se tordre en deux sur le banc du lycée ou encore prendre congés car on est incapable de sortir du lit - ça fait partie du jeu. Du jeu d'être née femme. Si l'on considère que le retard de diagnostic en matière d'endométriose est d'en moyenne neuf ans et que les douleurs de règles sont le premier symptôme, c'est pour le moins inquiétant.

 

"Si les mecs avaient leurs règles, y'aurait déjà des Tampax connectés en Wifi qui donneraient les résultats du foot et la température de la bière" Guillaume Meurice*

 

Il est donc important que les femmes reprennent le pouvoir sur leurs règles.

 

Certaines l'ont fait en investissant l'espace public. Ainsi l'Indienne Kiran Gandhi a couru le marathon de Londres Edition 2015 le 1er jour de ses règles et sans protection pour dénoncer la stigmatisation dont souffrent les femmes tandis que sa compatriote Rupi Kaur a publié une photo d'elle en pantalon avec une tâche de sang visible dans l'entrejambe, photo rapidement censurée sur Instagram.

 

Un autre moyen, plus discret mais tout aussi efficace, est de s'affranchir des protections périodiques. Parmi les alternatives existantes, on trouve la cup ou coupe menstruelle, coupelle en silicone, latex ou caoutchouc, placée dans le vagin pour retenir le sang menstruel jusqu'à 12 heures. Suivent les serviettes réutilisables. Si elles peuvent en rebuter certaines, elles n'en sont pas moins pratiques et économiques. Rincées à la main et passées en machine à 30° avec le reste du linge et le tour est joué. Enfin, dernier né, le flux instinctif commence à faire parler de lui. Originaire des Etats-Unis, cette technique consiste à retenir le sang menstruel dans son vagin avant de l'évacuer aux toilettes comme pour l'urine. Une pratique de quelques mois est semble-t-il nécessaire pour maîtriser son flux.

 

Il y aura certainement des phases d'errements, d'essais infructueux avant de trouver la solution qui convient le mieux. Mais pour réduire l'empreinte écologique et préserver notre santé, c'est un chemin qui vaut la peine d'être emprunté.

 

A venir: Petite histoire des règles #2 - Comment fonctionne mon cycle?

 

Notes:

*Ceci est mon sang, Elise Thiébaut, Editions La Découverte, 2017

*Les Tentes Rouges sont des groupes de parole de femmes qui racontent leurs histoires dans un espace intime d’échange. Elles font référence à une tradition ancienne de regroupement des femmes en un lieu qui leur est dédié, pour partager, célébrer les petits et grands événements de leur vie, de leur féminité.

*Le Moment Meurice: http://bit.ly/2B3z7Dv

 

Peinture @Vanessa Tiegs

 

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Hello!

Naturopathe en herbe, je me passionne pour le bien-être et les médecines alternatives. Sur ce blog, vous trouverez des recettes simples et des conseils santé, plus spécifiquement orientés sur la médecine des femmes, un sujet qui m'intéresse tout particulièrement.

Bonne lecture!

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